Arrivé cet été dans l'Yonne, Kamel Chafni ne s'imaginait pas titulaire. Pourtant, l'ancien Ajaccien, ballotté de poste en poste, a joué deux matchs sur trois. Et est comblé par son début de saison.
Kamel Chafni, comment vivez-vous le fait d'être promené d'un poste à l'autre depuis le début de la saison ?
Je suis à chaque fois obligé de m'adapter à un nouveau poste. A chaque fois, je crois que je vais rester à ce poste-là, mais je rechange. Là, cela faisait trois matchs que je jouais derrière l'attaquant et ça se passait bien. Mais pour des raisons tactiques, le coach a encore décidé de me changer de poste (Ndlr : avant le match du PSG en Coupe de la Ligue). Parfois, ce n'est pas facile, car j'aimerais m'adapter le plus possible à un seul poste. Je préfère rester à un poste fixe pour essayer de progresser le plus possible. Mais si ça peut aider l'équipe, il n'y a pas de problème.
A quel poste souhaiteriez-vous vous fixer ?
Mon poste a toujours été le même : en soutien des deux attaquants. C'est le poste que j'ai toujours préféré. Quand j'ai signé, le coach savait que je jouais milieu offensif, mais il savait aussi que je pouvais être polyvalent, car j'avais joué à plusieurs postes à Ajaccio. Il a décidé de jouer avec un milieu droit-arrière droit, et comme il savait que je pouvais occuper ce rôle-là, il me l'a confié. Ça s'est bien passé, donc il m'a laissé à ce poste-là.
Ce début de saison a-t-il été frustrant pour vous ?
Non, car au début, je ne calculais pas. C'est seulement au fil des matchs que j'ai commencé à me dire que ce n'était pas mon poste et que je prenais peut-être moins de plaisir à jouer là. Quand l'équipe tourne bien, tu ne te prends pas trop la tête. Mais quand les résultats ne suivaient plus, j'aurais préféré jouer au milieu pour essayer d'apporter un peu plus à l'équipe.
Est-ce à Auxerre, cette saison, que vous avez appris à défendre ?
J'étais bien obligé. En fait, j'avais déjà appris à défendre à Ajaccio car avec Courbis, j'avais joué quatre, cinq matchs comme arrière gauche-milieu gauche. Mais je défendais quand même beaucoup moins que cette année.
C'est seulement à Rennes que vous avez retrouvé votre poste de prédilection. Comment l'avez-vous vécu ?
C'est sûr que ce match a été décisif pour moi, car cela faisait longtemps que je n'avais plus joué à ce poste de n°10, mon poste. Donc j'avais à c½ur de prendre le plus de plaisir et surtout de convaincre pour que je puisse y rester définitivement. J'ai eu un peu de mal à m'adapter au début, et ça s'est bien passé ensuite. Nous avons gagné à Rennes, puis ça s'est bien passé contre Toulouse.
Regrettez-vous de ne pas avoir retrouver votre poste plus tôt dans la saison ?
Le coach avait ses idées en tête et à ce moment-là (Ndlr : au moment où Jean Fernandez avait besoin de quelqu'un dans le couloir droit), Frédéric Thomas était absent, donc il ne restait plus que moi. Mais le coach connaissait mes qualités. Il a juste privilégié son choix tactique au joueur. Après les matchs contre Rennes, Toulouse et Nice, je pensais que nous allions rester dans cette configuration. Mais c'est le coach qui décide, et nous joueurs, nous essayons de nous adapter le plus possible en fonction de ses choix.
Ne craignez-vous pas d'avoir beaucoup à perdre dans ce nouveau rôle de joueur polyvalent ?
C'est sûr, quand tu bouges d'un poste à un autre, tu n'as pas les mêmes orientations, ni les mêmes appels ou contrôles de balle. Et parfois, à certains postes, tu ne touches presque pas le ballon du match. Il faut réapprendre à chaque fois. C'est pour ça que j'ai mis un peu de temps à m'adapter quand j'ai rejoué à mon vrai poste. J'aimerais tout le temps jouer à mon poste car je pourrais évoluer plus facilement. D'autant que je n'étais pas habitué à changer. Avant de venir à Auxerre, j'ai vraiment découvert le terme « polyvalent ». Je ne l'étais pas autant avant de venir ici. J'ai joué un peu à tous les postes cette année : six, dix, milieu droit, arrière droit... Mais ce n'est pas une perte de temps, c'est un bagage pour moi, et je sais que ça me servira. Tant mieux.
Paradoxalement, vous réussissez une des meilleures saisons de votre carrière dans ce rôle instable...
A Ajaccio, cela s'était bien passé aussi pour moi. Mais comme nous étions relégables, les performances individuelles passaient au second plan. A Auxerre, je fais l'une de mes meilleures saisons en Ligue 1, même si je n'en ai fait que deux (rires). Pour l'instant, ça se passe bien, mais le plus dur est de confirmer, donc il ne faut pas s'arrêter là. L'objectif avant tout est notre maintien. Quand, en plus, viennent s'ajouter à ça de bonnes choses sur le plan personnel, c'est un bon bonus. Mais j'espère surtout que nous allons nous maintenir. Nous avons un bon groupe et un bon état d'esprit, donc j'espère que nous n'allons pas tout gâcher.
En venant à Auxerre, pensiez-vous jouer autant de matchs ?
Non, car en venant à Auxerre, je m'attendais plus à être un joueur de complément qu'un titulaire. Je savais qu'il faudrait que je montre ce que je savais faire, et mon but était de progresser avec cet entraîneur que j'ai connu à Sochaux. Je savais que j'allais progresser quoi qu'il arrive étant donné tous les noms passés par l'AJA et que ça allait m'emmener plus haut. Mais il fallait que je gagne ma place. Le coach étant quelqu'un d'honnête, je savais que c'était possible. Pour le moment, je suis encore titulaire. Espérons que cela dure.